La peur de la folie est un trouble phobique.

Un fou ou une folle, ça bouscule, ça dérange, ça contrevient aux fameuses conventions sociales. On s’attend à ce que chacun et chacune fasse un effort pour se conformer aux diktats sociaux. Mais non, certaines personnes se sentent déraisonnablement libres. Elles se permettent alors de transgresser la limite entre une charmante excentricité, et l’imprévisible anarchie de la psychose. Mais si nous savons bien que nous sommes pas fous ou folles, alors d’où vient cette peur de l’Autre, cet Autre déraisonnable? Après tout, nous ne pouvons pas nous mettre dans ses souliers, c’est lui ou elle qui doit faire affaire avec son/ses démon/démons, c’est pas nous qui nous ferons pointer du doigt, visé/visée par les sobriquets les plus aliénants pour notre amour propre? Alors, d’où ça vient, ça, cette vicieuse peur de la folie?

« Parfois, un cigare n’est rien d’autre qu’un cigare. » – Sigmund Freud

Nous avons tous et toutes déjà fait l’expérience : un moche type se promène de portes en portes, essayant de vous extraire une signature. Il dit que c’est pour se représenter dans des élections. Vous avez d’abord pitié du pauvre homme. Puis, le rationnel embarque. « Puis-je lui faire confiance? » vous vous demandez. Vous remarquez qu’il a déjà un stylo avec lui. Votre empathie se met en garde: « C’est pour exploiter mon caractère impulsif/impulsive! ». De déduction en déduction, vous arriver à l’inévitable conclusion : « Ce pauvre type souffre de folie. ».

« L’impression d’être trompé par les grandes personnes contribue beaucoup à l’isolement de l’enfant. » – Sigmund Freud

Personne n’est habilité/habilitée à faire face à la dure réalité : le fou ou la folle est seul/seule avec son/ses démon/démons. C’est un voyage sans fin et sans destination. La personne en situation de grave malaise mental souffre beaucoup. Et la souffrance est peut-être la clef qui nous permettrait de la sauver. Après tout, si aucun autre référentiel ne permet à la personne folle de revenir nous joindre dans le « ici et maintenant », n’est-ce pas alors indiqué d’exploiter ce seul référent commun pour amplifier notre nature empathique à son égard?

« On a beau rêver de boissons, mais quand on a réellement soif, il faut s’éveiller pour boire. » – Sigmund Freud

Puis vient la désillusion. Le malade ne se comporte pas comme l’espérait la théorie. Outre le fait d’amplifier ses gestes insensés, la petite soumission imposée avait tout de même la capacité de réduire ses paroles délirantes. Malheureusement, son/ses démon/démons s’est/se sont manifesté/manifestés : le malade disait dorénavant des honteuses choses, et même des propos menaçants envers vous. Vous appelez illico ceux que doit. Mais après décantation, vient la panique…

 « Si j’aime un autre être, il doit le mériter. » – Sigmund Freud

C’était votre première attaque de panique. « Mais que se passe-t-il? Suis-je en train de devenir fou/folle? » Parce que cette attaque découlait d’un traumatisme avéré, l’empathie est toujours présente. Non, vous n’êtes pas encore en état de grave malaise mental. « Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. » disait Freud. Mais votre souvenir était toujours aussi vif. Vous étiez même hanté par toute la mésaventure. Faut pas se le cacher, vous avez été initié/initiée : vous avez goûté au/aux démon/démons. Et là, les craintes s’invitent, et elles se font de plus en plus insistantes. Votre monologue intérieur s’amplifie lui aussi. Vous vous mettez à parler tout/toute seul/seule. Si vous êtes en famille/chez des amis, ce n’est pas si grave. Mais en présence d’inconnus, eh bien, ça bouscule, ça dérange! Tel un effet rebond, les grimaces que vous font les passants médusés, augmentent votre malaise mental.

« Rien n’est plus stable en nous que le sentiment de nous-mêmes. » – Sigmund Freud

« Si ça n’avait été que Çà! » vous vous dites, vous ne seriez pas aussi souffrant/souffrante. Mais non, ce n’était pas « Çà », ce n’était pas la « peur d’avoir peur ». Vous savez maintenant que le démon qui vous a expulsé de votre apaisante sérénité habituelle, portait un nom, et ce nom était : névrose phobique!

La phobie est un trouble mental qui peut se déclarer suite à un traumatisme quelconque. Le phobique tend généralement à éviter la source de sa peur, peur qui est marquée et persistante, excessive ou peu rationnelle. Les attaques de paniques peuvent survenir lorsque le sujet est confronté/confrontée à l’objet de la crainte.

Après avoir décanté, vous acceptez le verdict. Une névrose, ce n’est pas si pire. Beaucoup de névrosé/névrosée/névrosés/névrosées sont des personnages célèbres qui ont laissé leurs marques sur la société. Après tout, faut-il pas avoir un peu de névrose pour ainsi avoir l’audace de changer les coutumes sociales?

Vous savez qu’il y a toute une littérature sur les phobies. Un nouvel engouement vous tressaille. Vous vous renseignez, et vous vous renseignez. Vous vous rendez compte que votre phobie à vous, votre petite névrose, n’est pas aussi normale qu’il puisse y paraître. Vous perdez en sérénité, vous ne vous sentez plus apaisé/apaisée. Et une nouvelle attaque de panique survient…

Vous réalisez que vous avez peur des fous/folles. Mais, vous êtes vous-même fou/folle. Donc, vous avez peur de vous-même.

« Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu’échanger une chose contre une autre. » – Sigmund Freud

La morale de ce texte, c’est, respectez-vous les uns/unes les autres. Parce que si vous ne réussissez pas à vous faire respecter pour qui vous êtes, la société, aussi folle qu’elle puisse être, ne le fera pas à votre place.

«  Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. » – Jiddu Krishnamurti

 

Auteur : leresidue

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