La morale « fast-food »…

Dans une société, la justice est normalement une affaire de droit. Mais si toutes les interactions humaines étaient régies par des lois, la vie deviendrait rapidement invivable pour la plupart d’entre nous. Alors, dans une société vivable, il y a la morale. Un peu comme un guide, la morale permet d’interagir avec ses semblables sans causer trop d’anicroches. Si la morale est la même pour tout le monde, alors les anicroches sont réduites à des broutilles.

Mais, dans une société avec des millions de personnes, et en perpétuel changement, les repères se font rares, et la morale n’est pas la même pour tout le monde. D’ailleurs, dans une société où des millions de personnes travaillent à tous les jours, le temps pour les interactions de valeur se fait rare. Il faut gagner du temps à tout prix, parce que vingt-quatre heures dans une journée ce n’est pas assez. Tout le monde est pressé, et les civilités passent après la satisfaction du consommateur.

La notion de bien et de mal n’est pas la même pour toutes les sociétés. Mais pour une société donnée, la morale est comme une norme, pour faire ce que cette société considère comme le bien.

Dans une société sophistiquée, la morale est plus profonde et complexe que dans une société simple. Les codes moraux d’une société sophistiquée peuvent être un obstacle qui empêche des nouveaux venus de s’y intégrer. Parce que pour s’intégrer à une société, l’immigrant doit recadrer certaines de ses valeurs. Après tout, une société d’accueil n’a pas forcément la même définition du bien et du mal que les autres sociétés.

Mais une société qui cherche à tout prix à intégrer tous les nouveaux arrivants, va chercher à simplifier ses codes de conduite. Elle va simplifier sa morale, pour que celle-ci soit plus facilement compréhensible. Mais si la société simplifie sa morale, alors la société sera plus simple, moins sophistiquée. Et de plus en plus de membres de cette société vont adopter cette nouvelle morale comme baromètre pour faire le bien et éviter de faire le mal.

Une morale profonde permet de réfléchir avant d’agir, parce que les notions de bien et de mal y sont plus sophistiquées. Tandis qu’une morale simple est plus ‘binaire’, et la perte de repères complexes y amène des comportements impulsifs. Dans une société simple, on fait passer les émotions pour de la morale, tandis que les réflexions complexes sont perçus comme quelque chose de mal.

Le pire, c’est dans les sociétés où le bien et le mal sont définies par les émotions du moment. Se comporter en public uniquement d’après les émotions ressenties est très risqué. Mais dans une société où ce genre de comportements est privilégié, ce sont ceux qui réfléchissent avant d’agir qui sont pointés du doigt. Dans de telles sociétés, ce qui était jadis immoral est devenu moral, et ce qui était moral est maintenant amoral.

Une société sans morale, c’est une prison. Et dans une prison, c’est chacun pour soi. Si c’est convenu qu’on met en prison des personnes qui ont contrevenus à la loi, alors est-ce justice que de punir tous les membres d’une société constitué de millions de personnes, simplement parce qu’on a voulu faire de sa morale, du « fast-food » facilement comestible?

Auteur : leresidue

Bonjour à vous!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s