La conscience singularisée.

La conscience singularisée.

Au début il y a le chaos. Tout est imprévisible. Le moindre battement d’ailes d’un papillon peut provoquer des changements énormes.

Ensuite, il y a l’ordre. Tout devient alors prévisible. Les battements d’ailes du papillon n’ont alors qu’un effet local. Le papillon n’est alors responsable que de ce qu’il est capable d’observer. Et encore, il ne peut en fait être responsable que d’une partie de sa vie observable : celle sur laquelle il peut agir physiquement.

Pour qu’il y ait un ordre, il faut ordonner. Pour ordonner, il faut pouvoir classer les observations. Mais on ne peut pas classer de n’importe quelle manière. Pour que le classement ait un sens, ça prend une méthode, ça prend des règles.

C’est en moment de chaos qu’on a le plus besoin de règles. Ces règles servent alors comme guide pour mesurer l’état du chaos. Plus on mesure le chaos, et plus il devient familier. Quand le chaos devient suffisamment familier, c’est alors possible de bien l’observer.

En observant le chaos, ça devient possible d’en identifier certaines parties. Ces identifications servent alors de repères pour classer les choses. Les choses classées, elles deviennent ordonnées : c’est l’ordre des choses.

Ce que je me rend-compte, c’est que l’ordre ne peut perdurer, et le chaos non plus. C’est comme une danse sans fin, ou une oscillation, si vous préférez. Pour qu’il y ait ordre, il faut avoir du pouvoir, et quand on a du pouvoir, on en veut toujours plus. Parce que le pouvoir implique la responsabilité, et certaines personnes de pouvoirs souhaiteraient ne plus avoir de responsabilités.

Mais pour permettre à des personnes de pouvoirs à ne pas être responsables, il faut retourner dans le chaos. Et une fois revenu dans le chaos, ça va prendre des personnes pour faire des règles, pour permettre à l’ordre de réémerger à nouveau.

Alors, une stratégie possible, c’est de réduire le champ de conscience des autres personnes. Comme cela, elles ne pourront plus tout observer, comme cela, elles ne pourront plus provoquer de grands changements. Mais pour implanter cette stratégie, ça prends beaucoup de pouvoir. Et avoir un tel pouvoir sur les autres, sans se croire responsable, c’est d’être déjà en plein chaos!

Une autre stratégie, elle moins possible, c’est de responsabiliser tout le monde. Alors, chaque personne sera responsable de sa partie observable. Il y aura des erreurs, il y aura des manquements, mais puisque tout est relié, quand quelqu’un verra quelqu’un d’autre dans le pétrin, ça sera sa responsabilité à elle que de l’aider. Il n’y aura plus de blâmes, plus de punitions, car tout le monde aura compris que de punir quelqu’un d’autre, c’est de se punir soi-même.

Une dernière stratégie, qui elle est titanesque, c’est de carrément abandonner. Quelqu’un d’autre fera votre travail à votre place. Quelqu’un d’autre s’occupera du chaos quand vous serez morts. Mais à la fin, il ne restera plus personne. Il n’y aura plus ni chaos, ni ordre, ni rien. Et là, il y aura une sorte de Dieu qui recréera tout à partir de zéro, et nous serons à nouveau ici, à soit écrire ce texte, soit à le lire…

Alors, c’est soit le chaos, soit l’ordre. Et puisque ce n’est pas donné à tout le monde de faire sa part des choses, on va dire que le pouvoir désormais, n’est plus entre les mains de n’importe qui. Ça va prendre de nouvelles règles, ça va prendre de nouvelles observations, un nouveau classement. Il y a plein de travail à faire. En attendant, je propose ceci : la mesure de conscience d’une personne est proportionnelle à sa liberté d’agir et à son autoresponsabilisation quant à ses pouvoirs.

Mais avant de terminer, il ne faut pas oublier que le fait de savoir des choses, ou d’observer des choses, ne rends pas forcément quelqu’un responsable de ce qui est su ou observé. Parce que, si nous sommes en plein chaos, c’est qu’il n’a plus d’ordre. Et s’il n’y a plus d’ordre, le pouvoir est dispersé. Si le pouvoir est dispersé, la personne qu’on voudrait rendre responsable n’a peut-être pas assez de pouvoir pour battre de ses ailes librement.

Auteur : leresidue

Bonjour à vous!

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