Une petite nouvelle de science-fiction que j’ai écrite il y a quelques temps…

J’ai pensé à republier sur mon blog, ma nouvelle « La bombe quantique », parce que je doute de son ancien emplacement. Et aussi, c’est pour vous partager un de mes intérêts, qui était d’écrire de la science-fiction (sauf que je n’étais pas très bon ou prolifique, c’est à vous de choisir…). 

La bombe quantique

Un matin comme d’habitude pour George. Ayant perdu son téléphone, il utilisait son ordinateur avec le sans-fil du café-terrase. Un matin comme d’habitude, sauf que George n’avait pas son téléphone.

Avec son café, il avait pris la pâtisserie du jour, une intriguante pyramide avec du nougat, café et quelque chose qui ressemblait à du nougat, mais n’en était pas parce que trop sableux.

George s’apprêtait à entamer son étrange dégusterie quand il a vu l’alerte :

– Ça doit encore être le club de visionnement de films.

Il cliqua. Ce n’était pas le club de visionnement de films.

– C’est de Jeanette!

Elle avait retrouvé son téléphone. Et aussi, George se parlait à lui-même à voix haute. George remercia Jeanette, sans toutefois lui demander où elle l’avait retrouvé, car il avait une petite idée.

# As-tu lu la nouvelle?, lui écrivit Jeanette.

# Il y en a tout le temps, des nouvelles! C’est quoi?

# Un tremblement de terre à Mexico!

Ça et tout le reste, des ouragans, les baleines mortes, son téléphone perdu…et retrouvé. George était presque découragé.

Plus tard dans la journée, Jeanette rapporta le téléphone perdu à George.

– Alors, ton roman, ça avance?, lui demanda Jeanette.

George répondit ceci :

– Pas vraiment. Je suis en panne d’inspiration.

– Mais avec ta vie de nomade urbain, tu dois en voir des vertes et des pas mûres!?

– C’est ça le problème, la futilité de la vie de tous les jours. Comment faire pour rendre intéressant la vie d’un étudiant dont le plus grand exploit aura été de trouver le stage de ses rêves? Comment mon dieu un jeune étudiant peut avoir comme rêve de faire un stage dans une agence de référencement web?, demanda George.

– Je ne sais pas, c’est ton histoire après tout. Si ton parcourt de vie est trop limité, peut-être alors pourrais-tu en faire une histoire un peu plus épicée? Qu’en penses-tu? La Fantasy ça se vend bien. Ou de la science-fiction, peut-être. Peut-être te sentiras-tu moins limité par le carcan de la routine avec une bonne histoire de fusée?

George fit les gros yeux, eut un drôle de sourire, puis secoua de la tête la proposition, d’un ‘non’ trop exagéré pour que ça puisse être du sarcasme.

– Moi, écrivain de fantaisie, avec des monstres verts venus de mars ou saturne?

– Je sais pas. Ça pourrait être, par exemple, une histoire de voyage dans le temps?

George se mit l’index dans la bouche, comme il fait toujours lorsqu’il réfléchit à une réplique, puis :

– Ouais, quelqu’un qui va dans le passé pour tuer Adolf Hitler, mais se trompe de cible et tue par erreur la seule personne qui aurait pu le faire entrer dans l’école des arts. Fin!

La moue que fit Jeanette à ce moment-là voulait tout dire :

– George…

– Excuse-moi, Jeanette. Je ne voulais pas…

Jeanette mit son index dans la bouche, comme pour imiter George, et souriante, s’exclama :

– Tu sais, George, si tu n’es pas doué pour la fiction, peut-être alors pourrais-tu te pencher vers les livres de croissance personnelle? C’est juste une suggestion, comme ça!

C’était une très bonne idée en fin de compte. George, écrivit son livre, une sorte de manuel pour être heureux. Mais écoutons-le de lui-même, une fois le succès atteint :

– C’est un mode d’emplois pour avoir une vie saine et équilibrée. Un manuel à tout faire, si on veut.

L’intervieweuse demanda ensuite :

– Comment expliquez-vous votre succès?

– Je crois, qu’avec ce qui se passe dans le monde, la volonté de ne pas s’en faire est populaire parmi le monde.

Dans une foire du livre, lors d’une séance d’autographes :

– C’est pour qui?, demanda George.

– Je veux vous remercier infiniment. Vous m’avez littéralement sauvé la vie!, dit une admiratrice du nom de Monica.

– Pardon?, demanda George.

– Chapitre sept, section trois.

– Vous avez appris mon livre par coeur?

– Vous avez ouvert mes yeux. Je faisais partie de cette secte, les disciples de la pyramide infinie. J’ai compris, grâce à votre livre, que l’urgence de vivre primait sur l’urgence d’être sauvé. Alors je me suis sauvée, pour pouvoir revivre. C’est triste à dire, mais maintenant qu’ils sont avec Zoroastre, ils ne viendront plus me chercher.

Quelques temps plus tard, sur la scène d’un théâtre :

– …et c’est comme ça que j’ai trouvé ma nouvelle flâme, Monica.

Applaudissements.

Un jour, lors d’un café-rencontre :

– Pouvez-nous expliquer le concept de « fausse éminence », qui est le thème de votre troisième chapitre?, demanda l’animateur.

– Vous voulez dire le ‘septième chapitre’? D’accord, c’est simple. Plutôt de laisser les autres vous pousser dans les pas qu’ils ont déjà défrichés, vous devez dessiner votre propre carte de la vie…Euh non, c’est pas ça, ça c’était la morale du chapitre. Alors, une fausse éminence est quelqu’un qui a un discours discordant quant aux faits et à l’affect…On se sent confus et on aime ça, car cet fausse éminence conclut avec une suggestion, une action à faire et qui doit être fait pour pouvoir voir clair.

– Un peu comme vous faites!?

– Vous avez tout compris! Mais moi j’ai écrit le livre, je donne la recette pour ne plus se faire prendre. Je donne l’exemple à ne pas faire. S’il-vous-plaît public, n’écrivez pas un livre comme le mien!

Rires et applaudissements dans la salle.

George l’écrivain était au sommet d’une popularité qui lui aurait semblé plus qu’improbable s’il avait pu prédire le futur. Son ancienne amie Jeanette avait eue une plus qu’excellente idée de le guider vers l’univers de la croissance intérieure. Jeanette la pauvre Jeanette qui est morte trop tôt lors d’un attentat terroriste.

– Qu’as-tu dis?, demanda Monica.

– Quoi?. répondit George.

– Tu marmonnais.

– Oh, ce n’est rien.

– Ils pensent ouvrir une école, pour ta cause.

– Je n’ai pas de causes.

– Mais oui, ton livre!

George mit son index dans sa bouche.

– Comment vont-ils appeler cela, l’école de la cause de George? Mais Monica, s’il y a une cause, ce n’est pas la mienne. La seule cause que je défend, si j’en défend une dans mon livre, c’est de voir clair pour pouvoir faire des jugements éclairés.

– Mais, George, ton livre est bien plus que cela. Je me souviens à l’époque, dans le septième chapitre, au sujet des prétendues éminences. Le rapprochement que tu avais fait entre le déterminisme causal et l’impermanence des choses. Ça m’avait permis de voir clair. On ne se serait jamais rencontrés sans ça. C’est quand-même pas rien, non?

– Justement, l’idée derrière ce rapprochement, c’est qu’on ne peut pas échapper à notre destin. Je ne crois pas au libre-arbitre. Et je ne crois pas non plus au BigBang. L’idée derrière mon livre c’était de développer ma philosophie de vie, qui au départ je confondais avec du nihilisme. Si on ne peut échapper à notre destin, mais que le libre-arbitre n’existe pas, alors comment mon dieu peut-on espérer quoi que ce soit?. demanda George.

– Je ne sais pas répondre à ta question. Mais je sais comment te remonter le moral.

Monica fit un drôle de clin-d’œil à George.

– Comment?, demanda George.

La moue de Monica feignait la déception.

– Toi, tu as besoin de rêver! As-tu pensé écrire de la science-fiction? La réalité est trop folle ces derniers temps. Ça prends du concret.

– Comme quoi?, demanda George.

– Comme des extra-terrestres! As-tu entendu parler du paradoxe de Fermi? Vu la taille de l’univers, c’est impossible que nous soyons seuls! expliqua Monica.

– C’est une idée.

Et George se mit l’index dans la bouche.

Le roman avançait bien, mais un certain après-midi, alors que George finissait un chapitre, son téléphone sonna :

– George, j’ai le cancer.

C’était Monica.

– Oh mon dieu!, dit George.

Les semaines qui suivirent furent éprouvantes. Monica perdait de plus en plus de poids. Pour tenir, George écrivait et écrivait. Il finit par mieux connaître l’hôpital que Monica.

– Où es-tu rendu?, demanda-t-elle.

– Encore au milieu.

– Tu n’as pas progressé!

Ils se mirent à rire tous les deux. George dit :

– Voilà ce que je vais faire. Je vais te dire la fin tout de suite!

Monica était étourdie. Elle dit :

– C’est mieux que rien.

Et ils se mirent à rire. George lui expliqua tout :

– D’abord, la bonne nouvelle. L’humanité n’a pas péri dans un holocauste nucléaire.

– Chouette, s’exclama Monica.

– Maintenant, la mauvaise nouvelle. L’humanité a été supplanté par les robots. Robots qui sont en partie biologiques, sans toutefois être des cyborgs.

– Pourquoi?, demanda Monica, confuse.

– Parce que, pour exister hors de la réalité terrestre, il faut bien plus que le seul bagage humain. Alors, les bioborgs, les robots du futur, se mettront à voyager dans l’univers.

– C’est ça la fin? Y a pas de chute?, demanda Monica.

– La chute, c’est, que longtemps après que le soleil ait explosé, très longtemps après, un bioborg isolé de tout se retrouve seul au confins de l’univers, quelque part en périphérie du centre d’une galaxie plutôt jeune. Mais il va trop vite, et se fracasse sur une planète plutôt belle. L’explosion tua les plus vulnérables des espèces de cette planète, qui abritait et abrite, la vie. D’une manière qui sera expliqué un jour lorsque j’aurai plus de connaissances, le robot bioborg donna un cadeau à cette planète. Tu veux connaître la chute? Les espèces disparues étaient littéralement des dinosaures! Et le cadeau était ce que l’ensemble des bioborgs connaissaient, dont le remède contre tous les cancers, précédemment découvert sur la première terre!

La porte de la chambre s’ouvra, et le médecin de Monica entra.

– J’ai une bonne nouvelle! On peut essayer un nouveau traitement!, dit l’oncologue.

George et Monica firent les gros yeux.

– Ça semble vous vexer?!, s’étonna le médecin.

– On est seulement très surpris.

– Très heureusement surpris, ajouta George.

Le médecin expliqua :

– C’est nouveau, expérimental. Ça risque de ne pas fonctionner.

– C’est quoi?, demanda Monica.

Le médecin fit un ‘oui’ de la tête :

– Avec les événements politiques des dernières semaines…énervez-vous pas, ce n’est pas moi qui y ait donné ce nom. On appelle ça une bombe moléculaire. Au départ ça agit lentement. Les cellules saines deviennent plus faibles, et le cancer progresse un peu. Mais après, par la force des choses, les cellules saines s’adaptent et deviennent plus fortes. Les cellules cancéreuses elles deviennent alors plus faibles que les cellules saines. Alors on pourra réessayer la chimio.

– Faites, dit Monica.

N’ayant pas supporté le traitement, Monica mourut un vingt-cinq décembre, peu après le plus beau Noël qu’elle ait eue de toute sa vie.

George ne finit jamais son roman de science-fiction. Mais grâce à sa notoriété acquise à cause de son livre de croissance personnelle, les droits de son histoire furent acheté par une maison de production, engendrant une série de films de robots et de cyborgs.

Bien que l’effort soit louable, le monde inventé par George ne se matérialisa jamais. Après une accalmie de deux décennies, le monde s’entretua de nouveau. L’humanité ne conquis jamais l’univers.

Au fur et à mesure que le soleil prenait de l’expansion, la vie sur terre devenait de plus en plus étrange. Et bientôt la planète bleue finit comme Vénus. Jupiter s’alluma, et de la vie se développa sur certaines de ses lunes, comme un système solaire en miniature. Le soleil finit par exploser, détruisant ce mini système. Le souffre de l’explosion embrasa Neptune et Uranus. La vie ne réussit jamais à sortir du système solaire.

Très longtemps après, quelque chose se passa. À un certain endroit, dans une certaine galaxie, dans un système solaire binaire, une étrange activité refaçonnait la configuration d’abord d’astéroïdes, puis de lunes, ensuite de planètes. Bientôt, ce système envoya une sonde…

Après avoir atterri dans le système voisin, la sonde se développa. Puis, la configuration de ce nouveau système se modifia, de manière à pouvoir envoyer d’autres sondes, ailleurs…

Plus loin, dans le grand cosmos :

– Alors, Jeanetteorge, qu’est-ce que tu avais?

– Rien de grave, Monicali, juste un excès d’entropie! Mon médical appelle cela, un cancer.

– Mais tu vas bien?

– Mais oui, il m’a expliqué ce que je dois appliquer.

– Une application? Par quelle mesure?, demanda Monicali.

– Pour isoler un cancer, le mien, je dois trouver une utilité à une…n’aie pas peur du terme, ce n’est pas moi qui l’ai inventé…une bombe quantique!

– Oh là! Tu pourra absorber ton destin créateur?, demanda Monicali, de manière rhétortique.

– Mon médical s’amuse avec les formule…Tiens, à propos de l’application de la bombe, il dit que c’est pour « faire le ménage dans tout cela ». Je vais garder un point d’isolation, mais c’est mieux qu’une division par zéro!

– Donc, tu va perdre une dimension?

– Pas grave, ça ne va même pas paraître!

Et puis, les deux univers se reflétaient…

Fin.

Auteur : leresidue

Découvreur d'humanité (ouais, super prétentieux ^^ )

5 réflexions sur « Une petite nouvelle de science-fiction que j’ai écrite il y a quelques temps… »

  1. Hé bien, j’ai L’Électron, mais j’ai de la difficulté à la continuer. En fait, cette histoire, L’Électron a comme, deux débuts différents. Elle n’est présentement disponible que sur wattpad, mais je peux la mettre sur mon blog, si vous voulez. 🙂

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