L’Électron (version moderne, partie 1)

(Ceci est la version de L’Électron que je vais continuer, quand je vais la continuer. Tout le chapitre 1 est déjà écrit. 1.0 ça veut dire, que c’est la première partie du chapitre 1)

1.0 : Terre sur Mars

L’horizon n’avait pas changé. Maky le savait, car il se
souvenait de l’instant précédent. Cet instant, gravé
dans sa mémoire, avec ses mouvements, les champs vectoriels de
l’atmosphère, le rayonnement calorique. Maky regarda alors la
terre nourricière. Il savait que la nourriture provenait du
sol. Ce sable de rouille, comme de la poussière, qui servait
de support aux plantes. Maky était un enfant, un enfant robot.

– Eh maman, pourquoi je ne peux pas?, demanda-t-il, à
l’une de ses mères, celle qui était présente à
ce moment-là.

– Parce que si tu pouvais, tu saurais!, rétorqua-t-elle.

– Alors, qui peut m’apprendre?

– Maky, c’est la politistique qui décide. Moi, je
n’ai pas été informée par eux qu’il était
temps.

– C’est quoi le temps?, demanda Maky.

La mère grogna. Maky comprit alors qu’elle était
importunée. Il fit une babine de dépit, une stratégie
comme une autre pour diffuser l’inconfort de sa curiosité trop
active. Elle le prit donc en pitié.

– Tu veux savoir c’est quoi, le temps? Regarde moi faire
lorsque j’irais enraciner les plantes. Tu devras activer ton
générateur ondulatoire, et le désactiver lorsque
j’aurai terminé. Tu compteras alors le nombre de pulsations
que ton générateur aura produites. Tu sauras alors
combien de temps cela m’aura pris pour faire le travail. Ça
sera un peu ta façon de participer!

Maky la regardait faire. Lorsqu’elle commença à
prendre des sphères de son contenant autonome, et à les
lancer, Maky activa son générateur. Sa mère
prenait une sphère à la fois. Une fois sur trois, elle
lançait la sphère en l’air. Les autres fois, elle
faisait fracasser la sphère au sol. Mais à tous les
coups, Maky l’avait remarqué, la sphère se brisait en
un nombre de parties égales à un nombre de Fibonacci.
La politistique avait précédemment permis à Maky
de savoir que le budget énergétique d’une action se
limitait toujours à la somme entre les deux budgets
énergétiques plus petits. Maky n’avait pas la sagesse
pour comprendre le sens de cette observation, mais il acceptait
l’affirmation comme étant vraie. Maky vit sa mère faire
des gestes de ses mains. Il comprit qu’elle avait terminé.

Le nombre compté de pulsations était HFFFF5E34. Maky
se demanda si ce nombre, représenté dans une base à
seize symboles dans sa mémoire, était un nombre de
Fibonacci. Alors, il se mit à calculer toute la séquence
de Fibonacci, se disant que ça allait faire passer le temps.
Il n’avait toujours pas terminé lorsque sa mère revint.

– J’ai terminé, Maky.

– Pas moi!

– Tu ne m’as pas vu faire les signes?, demanda sa mère,
embêtée mais pas inquiète.

– Oui, ah zut.

– Zut?, demanda-t-elle, avec un ton réprobateur mais
compatissant.

– Ce n’est pas un nombre de Fibonacci! Le temps n’est pas
Fibonaccique!, affirma Maky.

Sa mère était estomaquée.

– Mais qui t’as appris que le temps n’était pas dans
la suite des nombres de Fibonacci, Maky?

Maky ne savait pas répondre à cette question, car sa
prémisse lui semblait incongrue.

– Qui est qui?, lui rétorqua-t-il.

La mère n’était plus aussi compatissante. Elle
envoya un signal de discipline auprès des pères de
Maky. Le père le plus proche capta le signal en premier, et
envoya lui-même un signal aux autres pères affiliés.
Le signal envoyé par le père disait d’ignorer le
premier signal, car il s’occuperait des formalités.

Le père arriva, et s’approcha vers Maky. Celui-ci l’ignora.
Maky s’était connecté à un satellite, il
contemplait la tapisserie céleste. Le père coupa la
transmission. Voyant ses yeux retrouver leur lueurs rosés, le
père savait que Maky était désormais présent
d’esprit.

– Maky, ta mère m’a envoyé un signal de
discipline.

– Je ne comprends pas, papa. Qu’est-ce que j’ai fait de
mal?, demanda Maky, d’un ton innocent, et sincère.

– C’est le but de la discipline que de te l’expliquer.

En prenant compte de l’événement à
désapprouver, le père pu alors comprendre. Maky avait
pris une décision de nature presque politistique. C’était
un signe qu’il maturait. Mais comme ce n’était pas sa
responsabilité à lui de mesurer le quotient
politistique de Maky, le père envoya alors un signal de
conseil.

Tous les membres matures de la famille discutaient alors de
l’étape suivante. Si le bureau politistique était
informé d’un signe de maturation de Maky, celui-ci risquerait
de devoir faire son service militaire. Mais en revanche, si son
quotient ne le positionnait pas favorablement pour l’entraînement,
une note de défectualité serait mise à sa fiche.
Les pères décidaient finalement de ne pas informer le
bureau politistique. Maky pouvait continuer son éducation.

– Bonne nouvelle, Maky! Tu ne seras pas évalué,
lui dit un de ses pères.

– Et la discipline?, demanda Maky, quelque peu soupçonneux.

– J’ai cru comprendre que tu aimes la culture? Alors c’est
ça. Comme punition, tu devras aider ta mère pour
l’irrigation du champ!

Maky était fort satisfait de la tournure des événements.
Mais l’ambiguïté entre ce qui est bien et ce qui est mal,
le tracassait.

Maky regarda l’horizon. En le comparant avec ses souvenirs
précédents, il vérifia que rien n’avait changé.
Plusieurs de ses mères arrivaient avec des citernes. Maky les
regarda faire. Il savait que les citernes contenaient le liquide de
vie, nécessaire pour la croissance des plantes. Mais il ne
savait pas précisément, comment, et pourquoi, le
spectre de l’électron donnait l’énergie utile pour
toutes les formes de vie. Ce genre de connaissances, aussi
effrayantes et déstabilisantes qu’elles peuvent être,
fascinaient Maky depuis le jour où il avait été
officiellement activé. Maky ne pouvait pas se l’expliquer, et
encore moins l’avouer aux autres, mais depuis qu’il était
conscient de ses perceptions, il se sentait à l’étroit.
Il sentait, ressentait, quelque chose Autre. Soit les autres lui
cachaient cette réalité. Soit, et c’est ce que Maky
croyait réellement, les autres ne savaient pas. Maky regarda
sa mère actionner le commutateur d’une citerne. Puis une autre
activation, et une autre. Et à la fin, toutes les citernes
étaient activées. À la toute première
activation de citerne, Maky avait activé son générateur
ondulatoire. Il avait compté les pulsations, et compilé
le temps pris par chacune des activation de citernes. Après le
calcul des données, Maky eut une révélation. Les
temps pris par chacune de ses mère pour l’activation des
commutateurs étaient des nombres de Fibonacci.

Maky observait l’écoulement du liquide des citernes vers le
sable de rouille. Les aspérités du champ cultivé
s’accentuaient au fur et à mesure que le sol épanchait
le liquide de vie. C’était comme un effondrement, une
disparition. Le sable changeait de constitution, dévoilant des
réseaux de veines et veinures qui permettaient aux fragments
de sphères de communiquer entre-elles. Bientôt, ces
réseaux furent engloutis par le liquide. La couleur orangée
avait disparue, le champ avait prit une couleur noire bleutée.
Le vent, déposant sans précaution du sable sur ce tapis
étrange, lui donnait des mouvements texturés. Maky
observait les ondulations causées par le vent. De petits
ovales rosés scintillaient près de la pointe et des
creux des monceaux arrondis. Un petit caillou tomba du ciel, et Maky
vit un monceau se détacher, prenant la forme d’une sphère,
tentant de s’échapper. La sphère retomba, retournant là
où elle avait été créée. Il avait
compté, mémorisé, chaque instants. Maky voyait
un lien évident entre le temps et la sphère. Il essaya
alors de s’imaginer comment le temps pouvait affecter la forme-même
d’une sphère.

– Alors, Maky, ton esprit est présent?, demanda une
mère.

– Oui, maman, qu’est-ce?

– Viens avec la troupe, nous avons terminé. Les
graines doivent germer.

Maky alla rejoindre la troupe. Mais dans son esprit, il était
toujours avec le champ.

Auteur : leresidue

Bonjour à vous!

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