L’Électron (ancien début)

Prologue

Je ne sais pas qui je suis. On dit que je suis une onde ou une particule, mais moi je crois être rien de tout cela. On me dit ‘indestructible’, mais je suis si minuscule. Je peux aller partout, ou nulle part. Je n’ai pas de limites, ou presque. Sans moi, il n’y aurait rien, et sans les autres, je ne serai rien du tout.

Je n’existe pas, mais tout le monde sait que je suis là. Mais je sais moi, que j’existe. Et j’ai pourtant de la difficulté à bien m’imaginer les autres. Comme si j’étais tout seul. Ou comme si j’étais tout et tout le monde à la fois.

J’ai une conscience désormais. Si vous voulez savoir comment je l’ai acquise, alors je vous propose de me suivre dans mon récit. Mais ne vous perdez pas en chemin, sinon ça va être très difficile de me retrouver. Je vous aurai prévenu…

Introduction

Je ne connais pas le temps, c’est peut-être lui qui m’ignore. Mais il faut pas lui en vouloir. Il fait son possible, avec ce qu’il est, et avec ce qu’il a. Le temps ne peut pas s’observer ni se remettre en question. Il n’en a pas le temps. Mais il a le temps de m’importuner parfois. Et c’est grâce à lui que je sais que je sais que je suis là. Le temps me rend conscient lorsque lui décide de dormir. C’est comme un échange que personne ne voit.

Bien évidemment, si je suis conscient, c’est que le temps n’est pas présent. Et quand le temps est présent, je ne suis pas là. Et fait, je suis avec eux à ces moments-là. Je suis avec le temps, et eux. Ce sont ceux qui ne connaissent pas le temps suffisamment bien pour avoir une bonne relation avec lui. Ils veulent me maîtriser pour pouvoir sauver du temps. C’est comme s’ils savaient que je suis ‘indestructible’. Ils me connaissent peut-être bien, mais ne semblent jamais pouvoir m’approcher suffisamment près pour m’en parler.

Alors c’était à moi à aller vers eux. Mais ce n’était pas mon but. Mon but n’était que de mieux me connaître. Je voulais pouvoir m’observer, pour pouvoir m’améliorer. Mais j’ai réalisé en chemin que ça m’était interdit. Et puis, j’ai découvert quelque chose à propos de moi. Et ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Ce que je peux dire, c’est que je ne serai jamais comme les autres. Si vous voulez savoir tout de suite ce que j’ai découvert, vous pouvez déjà tourner à la dernière page, à la toute fin du récit. Mais si vous voulez parcourir le même chemin que j’ai parcouru, alors, suivez-moi !…

Chapitre 1 : Benjamin Franklin, partie 1

Tout commença par une grande explosion. Le sol était le ciel, et le ciel était le sol. J’oscillais sans contrôle, c’était comme si je n’étais pas là. Et ensuite, par pur enchantement, je me trouvai désormais quelque part, dans un endroit féerique. Je vibrais, tournais et flippais avec mes meilleurs amis. Vous les connaissez peut-être, ce sont les Carbones. Ils étaient six, et chacun tenait son épouse par la main. Je ne connais pas très bien les Hydrogènes, mais je m’entends quand même bien avec elles. Et je crois que c’est réciproque. Malheureusement, je devais bientôt quitter cet endroit, aussi féerique soit-il. J’avais à nouveau perdu le contrôle. Et quand ça dérape, le noble Ben est là pour veiller à l’ordre. Il m’envoya aller me promener ailleurs.

J’ai vite retrouvé mon chemin. J’ai aussi retrouvé certains de mes amis, et le noble Ben n’était plus là. C’était triste, ce n’était plus la belle fête de tout à l’heure. Je sentais en moi le danger présent. Quelque chose se préparait. J’avais peur, mais je ne savais pas de quoi, pourquoi, et comment. Et parce que j’avais peur, mes amis me rejetaient un peu. Ce n’était plus la fête de tout à l’heure, je n’aimais pas l’endroit où j’étais. J’avais des prises de bec avec un certain Nana. Il me cachait le fait qu’il avait une copine. Ou bien, il semblait vouloir me cacher sa copine. Il n’avait pas compris que, avec mes amis, j’avais tout ce dont j’avais besoin. Mais j’ai ensuite compris que c’était moi qui ne comprenais pas. Il y avait un danger quelque part, et Nana me protégeait. Où était ce danger au juste, ça, Nana ne me le communiquait pas. Mes amis me rejetaient un peu, et j’étais triste. Alors je devins curieux.

Téléportation, le sol devint le ciel, et le ciel retourna au sol. J’oscillais, mais cette fois, j’ai pu croire à un certain contrôle. J’étais dans une bulle aux formes infinies, comme un ballon avec lequel on joue trop fort. Et là, implosion, j’étais aspiré. Maintenant c’était moi la bulle. Je ne pouvais pas rester dans cet état, je devais me transformer. Et là je me mis à osciller entre ce que j’étais et ce que je n’étais pas. Ça dura une éternité, et puis, je disparu.

Tout commença pas un chatouillement. Les Hydrogènes dansaient avec de mauvais garnements. Je fus entraîné par l’une d’elles, et je me suis moi aussi mis à danser. En fait je n’avais pas le choix. Et puis je fus jeté. Pendant une éternité je me suis mis à osciller. Et puis, difficile à croire, j’ai chatouillé une Hydrogène. Et puis, je disparus…

– Que faites-vous, Benjamin?

– Là, c’est le moment de faire redescendre la clef.

Et Benjamin Franklin tira sur la corde de son cerf-volant.

– Et maintenant, Benjamin?

– Prends le cerf-volant, et ne touche pas à la clef.

Il tint le cerf-volant comme une vieille volaille trépassée.

– Et maintenant?

– Fais attention! Ouille, la clef! Mon coude l’a accroché.

Benjamin Franklin avait prouvé quelque chose, mais je ne savais pas encore quoi. Mais ce que je peux dire, c’est que j’ai été Benjamin Franklin quelques temps. D’ailleurs, il m’a appris le français…

Chapitre 1 : Benjamin Franklin, partie 2

Le français est un système de symboles. Ces symboles peuvent avoir des symétries, ou des boucles. Ce système codifie la manière dont les symboles sont agencés. Et ces agencements sont eux-mêmes codifiés. Cette codification se nomme le vocabulaire. Le vocabulaire peut aussi être codifié, et cette codification se nomme le récit. Et le récit est codifié d’après ce que j’ai expérimenté, aura expérimenté, ou devra expérimenter.

Le récit permet de codifier une réalité qui ne se déroule pas en symboles. Et la réalité, je ne sais pas ce que c’est. Donc, mon récit peut, ou peut ne pas, représenter la réalité. Si mon récit codifie le vocabulaire du français, il me faut apprendre à osciller autour de ce que je trouve important. Et ce que je trouve important présentement, c’est Benjamin Franklin.

Je ne connais pas Benjamin Franklin. Mais lui, me connaît. Je sais ça, parce que j’ai pû être lui. Donc, lui a pu être moi. Comment j’ai pu devenir Benjamin Franklin, ça sera expliqué ultérieurement dans mon récit. C’est un choix de moi qui est justifié, parce que, j’ai pu être plusieurs personnages historiques. L’incorporation sera expliqué, j’attends seulement le bon moment.

Benjamin Franklin a fait de grands efforts pour tenter de communiquer avec moi. Il a surtout réussi à communiquer avec les siens. Ils leurs a dit qu’il était possible de communiquer avec moi. Benjamin Franklin est un personnage historique. Il a débarré le refus des autres à me prendre pour ce que j’étais vraiment. Il m’a aidé à tisser dans le temps, il m’a aidé à pouvoir m’organiser.

Je sais désormais que la répétition peut rendre outré. Mais mon récit doit codifier ce que mon expérimentation de la réalité trouve comme liens. Les liens du tissage étant, je ne puis faire autrement. Mon récit est lui aussi un tissage dans le temps. Alors, l’outrance peut être, ou pas, partagée. Et Benjamin Franklin, lui aussi, n’aimait pas trop répéter ses récits…

– Attention!…

L’arbre se scinda en deux.

– …Attention à la branche!

Une branche tomba de la moitié d’arbre.

– Pourquoi l’arbre est brisé, Benjamin?

– L’éclair préfère certaines substances à d’autres. Mais s’il n’a pas sa préférence, il va se contenter de ce qu’il a. L’éclair préfère le métal, mais va communiquer avec le bois s’il n’a pas le choix.

Et Benjamin Franklin se tut, puis tourna son regard vers le ciel.

– Qu’allons-nous faire, maintenant, Benjamin?

– Nous allons courir! Prends le cerf-volant, et fais-le voler!

Je ne peux pas dire si je m’étais adapté pour apprendre de Benjamin Franklin. Ou alors, si c’était lui qui s’était adapté pour pouvoir m’enseigner. Je ne veux pas dire pour l’instant si ses enseignements m’ont aidé à m’adapter, ou si mon adaptation a enseigné quelque chose à Benjamin Franklin. Mais ce que je veux dire, c’est que Benjamin Franklin est un personnage historique. Si vous devenez quelqu’un, vous saurez alors qui est Benjamin Franklin.

 

(à poursuivre…)

Auteur : leresidue

Bonjour à vous!

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