On ne peut enjoindre le statu quo, à moins de vouloir régresser.

Pour moi, le statu quo, ça voulait auparavant dire ‘état actuel des choses’. Mais je viens d’apprendre que c’est faux. Le ‘statu quo’ est en fait une contraction de la locution latine ‘in statu quo ante’. Et ça veut dire ‘dans la situation prévalant auparavant’.

Si on veut parler de l’état actuel des choses, sans prendre parti pris, alors le mot adéquat pour en parler est ‘le présent’. Mais si on trouve que le présent n’est pas un cadeau, alors on doit pousser pour améliorer la situation. Mais pour certaines personnes, l’état actuel des choses est véritablement un cadeau, parce que ça ne leur demande pas d’effort pour se maintenir immobile moralement, psychologiquement, ou matériellement.

Une personne bien adaptée, qui a fait l’effort nécessaire pour changer, ne souhaite pas recommencer le processus. Parce que cela demande beaucoup d’effort, et beaucoup d’introspection, une personne qui a réussi à s’adapter à l’état actuel des choses ne souhaite pas que son environnement change trop brusquement. Alors, une personne bien adaptée va préférer essayer d’aider d’autres personnes à eux-aussi s’adapter, plutôt que de faire en sorte que ce soit l’environnement qui s’adapte pour elles.

Donc, de là, l’environnement se perpétue, continue d’être ce qu’il est, et les changements ne se font pas aussi rapidement qu’ils le devraient. Puis, un cercle vicieux s’installe…

Parce que c’est impossible de vivre sans interagir avec son environnement, l’environnement est en perpétuel changement. Les personnes bien adaptées seront privilégiés dans leurs interactions avec l’environnement. Parce que les personnes bien adaptées préfèrent l’état actuel des choses au changement, elles pousseront pour le maintient de l’immobilisme sociétal. Dans ces personnes privilégiées, il y en aura qui pousseront plus fort, pour avoir moins besoin de s’adapter à nouveau. Parce que, progressivement, de moins en moins de personnes pourront maintenir leur adaptations à cet environnement changeant, il y aura de plus en plus de ‘mésadaptés’. À la fin, une poignée d’individus dicteront à tous les autres personnes, les règles de l’environnement. Et plus personnes ne pourra plus jamais s’adapter, parce qu’il y aura plus d’environnement pour maintenir la vie.

L’absurdité de la chose, c’est que tout le monde ou presque, se croient adaptés à leur environnement, tandis que dans les faits, ce ne sont qu’une poignée de personnes qui le sont vraiment.

Alors, plutôt que d’admettre leur inadaptation, ces personnes préfèrent conserver l’état actuel des choses dans la petite partie de l’environnement pour lequel elles sont adaptées. Parce que dans ces petites parties d’environnement, les autres sont moins adaptés, ces personnes qui imposent l’immobilisme s’en trouvent privilégiés. Et le cercle vicieux devient récursif!

Les personnes officiellement inadaptés, les mésadaptés, deviennent alors la cible de tout le monde et n’importe qui. Parce que tout le monde et n’importe qui peut voir en elles des signes perturbateurs de changement et de remise en question, tout le monde et n’importe qui se permet de sa petite injonction personnelle, pour aider ces mésadaptés.

Évidemment, les mésadaptés le resteront. À moins que les privilégiés permettent le changement. Mais bien entendu, auparavant, c’était auparavant, et le changement est la réponse des interactions. Alors, si les ‘mésadaptés’ doivent rester dans cette société, est-ce à la société elle-même à se remettre en question, à faire preuve d’introspection? Parce que si on maintient le statu quo, il y aura de plus en plus de mésadaptés. Et les changements se feront de plus en plus rapidement. Les privilégiés seront de plus en plus privilégiés, et puis à la fin, il n’y aura plus personne. C’est à en perdre son latin, non?

Auteur : leresidue

Bonjour à vous!

2 réflexions sur « On ne peut enjoindre le statu quo, à moins de vouloir régresser. »

  1. En fait tu avais raison car Statu quo veut bien dire « en l’état » (tel qu’il est dans le présent). La locution latine entière d’où il est tiré (Statu quo ante), c’est elle qui veut dire « dans l’état d’avant ».

    Concernant l’adaptation, on peut voir si on est adapté ou pas et à quel prix, suivant le niveau de souffrance que cela engendre ou au contraire suivant le manque de niveau de vitalité que cela crée.
    bien des gens adaptés le sont à leur propre détriment.

    Chaleureusement
    Frédéric

    Aimé par 1 personne

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