L’autisme est un handicap parce que l’humain est une marchandise ?

Nous avons besoin des mots pour pouvoir communiquer nos pensées abstraites, pour pouvoir influencer les autres. Parce que l’influence n’est pas toujours mauvaise, quand une idée fonctionne tout le monde se met d’accord. Se mettre d’accord sur une idée qui permet à tous d’améliorer leur qualité de vie, ce n’est pas facile. Certains auront peur de perdre leurs avantages. Certains auront peur de perdre leur statut.

Quand la révolution industrielle a eu lieue, beaucoup de monde ont vu que c’était une bonne idée. La prévisibilité dans les biens produits en usine était très appréciée. Chacun pouvait se procurer ce qu’il voulait à condition d’en avoir le budget. Et pour pouvoir payer le prix des marchandises souhaitées, en général il fallait travailler.

Au début, le travail était surtout manuel. Progrès aidant, de plus en plus d’étapes, dans la production des biens, furent automatisées. L’automatisation était due à un travail intellectuel, qui était lui aussi rémunéré. L’automatisation était une bonne idée parce qu’elle libérait des travailleurs de tâches monotones et redondantes. Ils pouvaient alors faire un travail plus valorisant, et plus utile. En même temps, parce que l’erreur humaine était éliminée de ces tâches redondantes et abêtissantes, les biens produits étaient encore plus conforme à la norme de production. Il y avait alors moins de pertes. Parce que les pertes étaient moindres, et parce que le coût de production était également moindre, les biens devenaient plus accessibles.

Mais le travail intellectuel ne s’arrêtait pas là. Parce que le contrôle sur la qualité de production était plus facile à gérer, ça devenait possible de jouer sur les prix des biens vendus. Mais pour que les travailleurs achètent des biens plus dispendieux, il fallait bien les influencer. La communication par la publicité et les annonces permettait d’imprégner des désirs concrets d’acquisition, plutôt que des désirs abstraits et intangibles. C’était une bonne idée, parce que les travailleurs n’avaient plus le temps pour autre chose.

Bientôt, le schéma abstrait de production et d’optimisation fit son entrée en éducation. L’école, qui auparavant servait de prétexte à éviter le dur travail manuel aux enfants, accoutumait maintenant les enfants à la répétition de tâches intellectuelles. Si l’originalité et la débrouillardise permettaient ensuite d’aller plus loin, le destin réservait quand-même un travail manuel à certains élèves. L’uniformisation de l’éducation aidant, le patronat voyait maintenant le diplôme comme un gage de qualité. Et la prochaine étape, c’était l’automatisation du travail intellectuel.

Alors, le schéma commercial de standardisation et de normalisation fit son entrée en santé. Les progrès de la science et de la technique étaient des bonnes idées. La qualité de vie physique de la population fit un bond en avant. Alors, le patronat se mis à voir les rapports médicaux comme un gage de qualité et de productivité.

Le travail intellectuel devenait de plus en plus désirable. Parce que le travail intellectuel de grande qualité restait imprévisible, le travailleur qui le souhaitait pouvait se spécialiser. La spécialisation se faisait à l’université, qui s’assurait d’un certain contrôle de la qualité. Le diplôme obtenu, le travailleur pouvait alors aller postuler pour l’emploi désiré. Mais, par tradition, le rythme de travail restait le même qu’en usine.

Alors, une certaine conception de la qualité de vie fut pensée. Parce que certaines personnes trouvait cela une bonne idée, ce schéma fit son entrée dans la société. C’était facile, puisque c’était eux les spécialistes de la chose. Schémas aidant, le temps devint lui aussi un bien à consommer.

L’autisme est considéré comme un trouble du développement. Les enfants qui en sont atteints ne se comportent pas comme les autres enfants. Leurs comportements imprévisibles peuvent désemparer les adultes, déranger les autres enfants. Les enfants autistes ne sont pas toujours réceptifs face aux schémas de la société. Ils préfèrent imiter les objets, plutôt que les humains. Devenus adultes, plusieurs autistes ne pourront travailler. Ils vivront dans la précarité.

Je vais maintenant parler de moi. J’ai connu l’école. Je sais ce que c’est que de me lever tôt le matin pour une journée de travail. Je n’ai jamais eu de salaire. Je n’ai pas beaucoup d’argent. Je suis très bon dans certains domaines. Je n’ai aucun diplôme. La principale raison pourquoi je veux devenir riche, c’est pour ne pas me soumettre à des schémas de pensée qui ne me correspondent pas.

Je suis humain, mais autiste. Suis-je une marchandise?

Auteur : leresidue

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